La résistance en dessin

Résister avec pour seule arme, un crayon. Jusqu’au 31 août 2018, le musée de la Résistance et de la Déportation de Lorris dans le Loiret s’intéresse aux représentations graphiques de la Résistance. Tracts, caricatures et bandes dessinées retracent cinq années (1944-1949) de guerre puis de reconstruction. Un éclairage inédit et passionnant sur la seconde guerre mondiale.

Plus que les mots, le dessin parle à tout le monde à commencer par les plus jeunes. C’est sans doute pour cela que pendant et après la Libération, les caricatures et récits graphiques à la gloire de la Résistance ont été très nombreux. Un aspect assez méconnu de la seconde guerre mondiale qui a intéressé Xavier Aumage, archiviste au Musée national de la Résistance de Champigny-sur-Marne, à l’origine de cette exposition. A travers douze panneaux thématiques, le visiteur découvre une autre façon de résister, sans arme mais avec une mine aiguisée qui fait mouche. Des dessins d’époque griffonnés sur des pages de cahier, des tracts distribués sous le manteau et qui caricaturent l’occupant, mais aussi des bandes dessinées racontent l’héroïsme de ceux qui eurent le courage de se dresser contre la tyrannie.
Certaines œuvres, comme “La bête est morte” d’Edmond-François Calvo ont été publiées pendant la guerre ! La BD en deux tomes ( “Quand la bête est déchainée”, janvier 1944/ed.GP et “Quand la bête est terrassée” janvier 1945/ed.GP) raconte la résistance des lapins contre les loups. Une transposition de la guerre dans le monde animal dans laquelle les Français sont des lapins, les Allemands des loups et les Américains des buffles. Plutôt bien vu ! L’exposition « Toutes les couleurs de la Liberté » couvre la période de 1945 à 1949, une époque où les valeurs de la République, piétinées sous l’Occupation, sont à reconstruire. L’image d’un Français résistant et héroïque est précieuse notamment pour redonner une certaine fierté aux jeunes générations. La période verra la naissance de nombreux magazines jeunesse à la fibre patriotique.

L’exposition qui, outre de nombreuses planches et dessins, présente également du matériel d’imprimerie d’époque, évoque aussi les héritiers de ces dessinateurs de l’après-guerre. Parmi eux le régional de l’étape, l’Orléanais Philippe Tarral coauteur avec Pascal Davoz du « Courrier de Casablanca » et qui, après s’être passionné pour la première guerre mondiale, s’apprête à sortir une BD consacrée au résistant Pierre Messmer. Dans le cadre de l’expo, l’artiste animera des ateliers à destination des enfants les 15, 18 et 19 août.

 

Toutes les couleurs de la Liberté, la Résistance vue par la bande dessinée 1944-1949

Musée de la Résistance et de la Déportation

Esplanade Charles de Gaulle, 45260 Lorris

Jusqu’au 31 août 2018

 

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