Philippe Dupuy : left

LEFT / une exposition de Philippe Dupuy
vernissage le jeudi 3 mai de 17h à 21h
exposition du 4 mai au 16 juin 2018

27 Rue de Charonne, 75011 Paris

Pour sa nouvelle exposition présentée du 3 mai au 16 juin 2018, la galerie Arts Factory convoque avec Philippe Dupuy et Rebecka Tollens un duo inédit sur la scène graphique contemporaine. Deux artistes aux trajectoires résolument différentes; le premier a débuté sa carrière dans la bande-dessinée il y a près de 35 ans et obtenu avec Charles Berberian le Grand Prix du Festival d’Angoulême en 2008. Sa cadette – 27 printemps au compteur – est diplômée de l’Ecole de Condé depuis trois courtes années. Ils se retrouvent cependant autour d’une pratique désinhibée du dessin, trait d’union entre leurs univers respectifs.

Avec la série LEFT, Philippe Dupuy revient sur un épisode particulièrement douloureux de sa vie récente. Touché en 2015 par une hernie discale, il se voit obligé dès les premiers symptômes d’arrêter de travailler pendant plusieurs mois. Souffrant d’une paralysie presque totale du bras droit, épuisé par son traitement et inquiet de ce futur incertain, ses pensées ont lentement dérivé vers une obsession de l’amputation qui a toujours nourri, ici et là, son inspiration. Cette angoisse de l’incapacité, cette myopathie familiale, à laquelle il a jusqu’à maintenant échappé. Il se souvient et prend modèle sur ses amis atteints de Parkinson, qui dans leur combat face à la maladie, contournent ses effets pour continuer à créer.

Philippe Dupuy commence alors à dessiner de la main gauche. Il s’inspire pour ses premiers essais d’un collage de Max Ernst extrait d’Une Semaine De Bonté. Beaucoup de corps, féminins pour la plupart, des poulpes, des coquillages, des formes indéfinissables, des horizons lointains, laissant ouverts les voies de l’inconscient. Très vite, ce rendez-vous, entre cinq et quinze minutes, devient quasi quotidien et l’aide à se reprendre. La fragilité de ces dessins, leur précision, mais aussi le rythme disent autre chose que l’on ne retrouve pas dans ceux réalisés à la main droite.

« Parfois, quand je ne trouve pas le trait qui me convient, je prends l’outil de la main gauche, et ça marche … »

Finalement remis après de longs mois de rééducation, cette expérience offre à Philippe Dupuy de nouvelles possibilités. Elle donne également lieu à la publication par L’Association du livre LEFT, qui documente cette véritable thérapie graphique.

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